Fusion de certaines mutuelles : le point sur l’actualité
Dans un secteur fortement concurrentiel, les mutuelles tendent à se regrouper afin d’optimiser leur compétitivité. En se regroupant, les complémentaires santé peuvent réduire leurs coûts et gagner des parts de marché sur certains secteurs spécifiques.
Découvrez les dernières annonces de fusion entre mutuelles et la stratégie de deux acteurs sur ce marché.
Quelles sont les fusions de mutuelles à venir ?
Au cours de l’été, ce ne sont pas moins de 5 annonces de fusions qui ont été publiées dans le journal officiel par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Les demandes de fusion-absorption enregistrées concernent :
- la Mutuelle Régionale des Organismes Sociaux (MUROS) par Identités Mutuelle
- la Mutuelle de la Méditerranée par la Mutuelle Familiale
- la Mutuelle Saint-Simon par la Mutuelle Bleue
- la Mutuelle d’Assurance du personnel extérieur du groupe AXA par France Mutuelle
- la Mutuelle Chirurgicale et Médicale Corse par Mutuelle du Soleil
Pour être effectives, ces “demandes d’approbation de transfert de portefeuille par voie de fusion-absorption” doivent, après étude du dossier, être validées par l’ACPR.
Également, un projet de rapprochement est en cours pour deux petites structures : La Fraternelle des territoriaux et la Mutuelle Médicale et Chirurgicale Atlantique (MMCA) au profit de la Mutuelle de France Unie (MFU).
Quelle stratégie de développement pour ces mutuelles ?
Comme indiqué, ces fusions répondent à un objectif de renforcement de la compétitivité des mutuelles. Pour cela, certaines structures favorisent l’absorption de structures régionales ou locales alors que d’autres souhaitent élargir leurs secteurs de couverture.
L’absorption de petites structures régionales ou locales
La fusion-absorption envisagée par la MFU est de réunir en son sein, deux entités membres de l’union mutualiste de groupe (UMG) d’Entis mutuelles.
La Fraternelle des territoriaux gère le régime santé des agents territoriaux de l’agglomération grenobloise et la MMCA, le personnel des transports urbains Bordelais.
Ainsi, la MFU confirme sa stratégie d’absorber de petites structures régionales voire locales.
En effet, elle avait engagé cette stratégie en 2019 par l’absorption de :
- la mutuelle de France Loire Haute-Loire
- la mutuelle familiale de la région de Fourmies (Hauts de France)
A la clé, une hausse de 9 % du Chiffre d’Affaire avec un ratio de solvabilité de 174 %.
L’élargissement des secteurs de couverture
La fusion absorption peut également être motivée par une volonté d’élargir son offre de couverture à d’autres secteurs.
C’est justement la stratégie adoptée par Identités Mutuelles, complémentaire santé qui couvre 212 000 adhérents pour un chiffre d’affaires de 106 millions d’euros en 2021.
La mutuelle s’appuie sur 3 sections de prédilection :
- le régime minier
- le régime général
- régime spécialisé pour les enseignants d’établissements catholiques
La future absorption de la MUROS, apportera une corde supplémentaire à leur arc en ouvrant une section spécialisée dans la couverture des organismes sociaux.
Bien que cette fusion ait été votée à l’unanimité en Assemblée Générale, elle reste conditionnée à l’approbation de l’ACPR, qui doit rendre son verdict d’ici la fin de l’année. A noter qu’en cas de validation, les effets de cette fusion seront rétroactifs au 1er janvier 2022.
Complémentaire santé des étudiants : une hausse qui fait débat
La Fédération générale des associations étudiantes (FAGE) est récemment montée au créneau pour dénoncer une importante hausse du tarif de la complémentaire santé des étudiants.
Le chiffre avancé par la FAGE est largement contesté par les acteurs des mutuelles étudiantes eux-mêmes.
Pour démêler le vrai du faux, retour sur cette polémique et l’analyse factuelle des éléments à disposition concernant la couverture maladie complémentaire des étudiants.
La Fédération générale des associations étudiantes (FAGE) est récemment montée au créneau pour dénoncer une importante hausse du tarif de la complémentaire santé des étudiants.
Le chiffre avancé par la FAGE est largement contesté par les acteurs des mutuelles étudiantes eux-mêmes.
Pour démêler le vrai du faux, retour sur cette polémique et l’analyse factuelle des éléments à disposition concernant la couverture maladie complémentaire des étudiants.
Quels sont les éléments de la discorde ?
Le 16 août dernier, la FAGE a publié son indicateur du coût de la rentrée et dénonce “l’augmentation exorbitante de nombreux frais immuables “ comprenant les mutuelles.
Selon le dossier de presse, “les frais liés aux complémentaires santé augmentent drastiquement à la rentrée 2022 : un étudiant devra débourser en moyenne 411,13 € soit 32,21 % de plus qu’en 2021.”
Ce chiffre interpelle lorsqu’on sait que le syndicat professionnel des mutuelles, la Mutualité Française, tablait sur une augmentation moyenne des mutuelles étudiantes de l’ordre de 3,4 %.
Pour étayer son analyse, la FAGE évoque les effets collatéraux de la taxe covid, du rattrapage des soins (non effectués pendant les confinements) et la réforme 100 % santé.
Toujours selon la FAGE, la fusion-absorption de certaines mutuelles locales au profit de Heyme aurait également contribué à cette hausse des tarifs.
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Dans ce contexte de confusion, les chiffres avancés par la FAGE sont-ils fiables ?
Quelle est la méthode de la FAGE pour déterminer cette hausse ?
Pour avancer cette augmentation de 32,31 %, la FAGE indique avoir sollicité des devis auprès des mutuelles étudiantes historiques pour des garanties similaires, en milieu de gamme.
C’est la moyenne de ces devis qui a permis à la FAGE d’obtenir cette hausse de 411,13 € soit plus de 30 % d’augmentation par rapport à 2021, avec la même méthodologie de calcul.
Quelles sont les limites de cette méthodologie ?
La FAGE a admis ne pas avoir pris en compte le nombre de souscripteurs pour les forfaits retenus pour le calcul de son indicateur.
En conséquence, cette moyenne n’est pas pondérée : la hausse n’a pas le même impact selon la proportion des étudiants concernés par cette augmentation.
Également, cette méthode rend impossible de savoir si cette hausse concerne plusieurs ou seulement un organisme de mutuelle.
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